AndalusIndia

Ou quand le flamenco invite une de ses sources d’inspiration originelle, la musique classique de l’Inde. Plus précisément le chant khyal, issu de la grande tradition hindoustani.

A force de se côtoyer, les artistes de musique traditionnelle espèrent se rencontrer un jour sur scène. Ce sentiment naturel émane du fait que souvent, lors de discussions d’après concert, ils s’expliquent sur les points communs et les différences de leur musique respective, tout en imaginant secrètement  les possibilités d’un savoureux mélange, à l’instar de l’art culinaire. Comment faire « sonner » une tradition avec celle de l’autre sans les dénaturer ? Nous avons décidé, pour commencer d’organiser un spectacle, où durant deux soirs de mini-festival, le public pourra tout à loisir écouter deux groupes individuellement, l’un de flamenco de la pure tradition andalouse, l’autre de musique classique de l’Inde du nord, puis des compositions ensemble. Tant  l’audience que les artistes présents tenteront cette expérience de fusion pour amener un son et un aspect visuel nouveaux sur scène.

 

Les liens se resserrent lors de cette rencontre où chacun des artistes, jouant sa propre musique,  tentera l’expérience d’aller vers l’autre lors de l’écoute et du jeu de la cohabitation musicale.

 

 

 

Atelier-théâtre du Raccot, Monthey

 

Vendredi 10 octobre 2014, 20h

 

Flamenco

EL TRIO NUEVO y Octavia De La Vega

Andrés Gil (Cante) 

Pascal Reichler (Guitarre) 

Stephan Montangero (Cajon)

Octavia Delavega (Baile)

 

Samedi 11 octobre 2014, 20h

 

Musique Classique Indienne  

Amit Chakraborty (Vocal) 

Stephan Montangero (Tabla)

 

Fusion

La rencontre entre les deux musiques en style flamenco de buleria, tango, rumba flamenca.

Avec tous les musiciens et François Clavel au Cajon.

 

Télécharger le flyer  

Presse

 

                                             

La rencontre entre flamenco et musique classique indienne

Les points communs entre ces deux musiques se situent vraisemblablement  dans la rythmique, (12 et 8 temps), les plus utilisés en accompagnement du cante et du khyal.  Précisons également cette particularité commune des « variations d’humeur » entre le majeur et le mineur qui font transparaître une mélancolie forte et un espoir fragile.

 L’idée est d’axer cette fusion sur les différences surtout : les accords en opposition à la mélodie, le style retenu du « cante » andalou, le « ai » fiévreux, cette émotion puissante, cette douleur contrôlée dans l’intensité pure sera caressée, réconfortée par un khyal limpide et intègre qui n’a pour but que d’utiliser la voix à la manière d’un instrument, avec ses démonstrations techniques, cette virtuosité étonnante exigée par la tradition du vocal classique de l’Inde. Le caractère des raga choisis, leurs gammes utilisées en adéquation avec le flamenco mettront en valeur l’universalité de la musique.

 

Andalusindia peut très certainement offrir des projets ambitieux, explorant toutes les formes  artistiques communes comme la danse « baile » et le « khatak », ou les instruments de la musique indienne (sitar, sarangi, sarod, la flûte bansuri, Tabla…). Expérimenter d’autres styles musicaux, (populaires, traditionnels, folkloriques et classiques), jusqu’à retrouver les racines gitanes, du Rajasthan à l’Espagne.

Les musiciens

Le désir d’El Trio Nuevo de fusionner avec la musique de l’Inde n’en est pas à son premier essai. Son guitariste Pascal Reichler, professeur de guitare classique au conservatoire de Brig, collabore depuis une décennie avec Stephan Montangero, percussioniste ayant séjourné de nombreuses années en Inde, pratiquant les Tabla ainsi que les percussions du subcontinent. L’un des initiateurs du projet, le chanteur d’El Trio Nuevo Andrés Gil est animé depuis quelques années par les origines de son art passant du populaire au cante. Grâce à son intérêt grandissant, il côtoie le vocaliste Amit Chakraborty et rêve d’associer les musiques du subcontinent indien au flamenco. Tout comme la danseuse Octavia Delavega qui rejoint le trio lors de ses concerts apportera sa longue expérience des gestes et des pas tantôt sur le cante tantôt sur du khyal au service de l’énergie d’une fusion.

 

Le vocaliste Amit Chakraborty, en visite annuelle en Europe pour ses récitals classiques se réjouit de cette rencontre musicale. Il a déjà collaboré avec le groupe « Kachha Pappad Orchestra » (KPO), formé  par Stephan Montangero en 2013. KPO joue une musique atypique qui mélange la musique classique de l’Inde du nord (khyal) et celle du sud (carnatic) avec le jazz electro d’Olivier Magarotto. Amit possède une disposition d’adaptation rare, nécessaire et novatrice pour la World Music.

La Fusion

Les sources d’inspiration ne manquent pas. De grands artistes réalisent de manière parfaite la fusion du flamenco avec les musiques de l’Inde. Citons Anoushka Shankar fille de l’illustre sitariste Ravi Shankar qui tourne avec les meilleurs représentants de ces musiques ; ou plus près de chez nous, le spectacle somptueux de la danseuse Ana La Cina danseuse des ateliers ethnomusicologiques de Genève, mettant en scène le baile avec une danseuse de khatak et deux groupes se mélangeant magnifiquement. 

 

Un point très intéressant pour finir : les membres d’El Trio Nuevo et de l’Association Gharial fréquentent de grands artistes respectivement en Espagne, en Inde et en Suisse.

Des liens professionnels et très amicaux se sont créés au fil des ans permettant des collaborations comme autant d’occasions d’imaginer de nouvelles fusions musicales dans le futur.

Les musiciens d’Andalusindia ont su, avec une grande humilité pratiquer leurs instruments, étudier avec de grands maîtres, voyager pour approfondir leur connaissance, partager lors de concerts, stages, depuis plus de vingt ans, avec comme ligne de conduite l’amour de leur art et le respect des anciens.